Sustainability

Transition énergétique : un impératif pour les PME

septembre 11, 2025
par Justine Doyen

La crise énergétique, exacerbée par les tensions géopolitiques en Europe, a secoué les entreprises belges. Si la situation semble aujourd’hui stabilisée, le spectre d’une nouvelle flambée des prix plane toujours. Pour perdurer, les PME doivent anticiper.

Une volatilité énergétique qui ne faiblit pas.

« Depuis une bonne année, les prix sont stabilisés, mais ils restent très élevés comparés à il y a dix ans », explique Michaël Menu, CEO de Broptimize, entreprise wallonne spécialisée dans la transition énergétique des entreprises. Si la panique initiale liée à la guerre en Ukraine s’est un peu calmée, le marché énergétique reste plus instable que jamais : « Il suffit qu’il se passe quelque chose à l’autre bout de l’Europe pour que les prix fluctuent ici, en Belgique », confirme-t-il.

Cette instabilité crée une double difficulté : d’une part, la pression financière directe sur les coûts d’exploitation des entreprises, d’autre part une incertitude qui handicape la planification stratégique à moyen et long terme.

Laurent Minguet, homme d’affaire et directeur du groupe immobilier Horizon, confirme ce contexte mouvant et souligne la dépendance toujours forte aux énergies fossiles : « La sécurité énergétique est plus que jamais un enjeu majeur. Aujourd’hui, on ne peut plus ignorer que réduire cette dépendance est une nécessité. »

L’instabilité géopolitique et la transformation numérique.

Les tensions internationales (guerre, crises politiques, concurrence économique) rendent les marchés imprévisibles. « Ce n’est pas parce qu’on est dans une période calme qu’il ne peut pas y avoir un nouveau choc », avertit Michaël Menu. La flambée des coûts énergétiques n’est donc pas un coup de tonnerre isolé mais le signal d’un changement structurel durable. En parallèle, la digitalisation et l’intelligence artificielle arrivent dans le secteur de la gestion énergétique. Pour le CEO de Broptimize, « l’IA est une opportunité formidable pour optimiser les consommations, rendre la consommation flexible et s’adapter aux productions renouvelables, qui ne sont pas stables dans le temps. » Il illustre : « Par exemple, elle peut programmer la mise en marche de certains appareils en fonction des prévisions de prix du marché de l’énergie, ou encore adapter les processus de l’entreprise aux opportunités qu’offre ce marché. C’est dans ces projets plus complexes, nécessitant d’anticiper et de coordonner de multiples paramètres, que l’IA révèle tout son potentiel. » La transition énergétique devient donc un défi autant technologique qu’économique, obligeant les entreprises à intégrer de nouveaux outils et stratégies pour piloter leur consommation en temps réel.

Il y a des solutions rentables
à court ou moyen terme

• Laurent Minguet. Directeur du groupe Horizon

Anticiper et optimiser.

Ne pas attendre la crise pour agir est le conseil unanime donné par les deux chefs d’entreprise. « Beaucoup d’entreprises ne font rien tant que les prix ne flambent pas, alors qu’il faudrait anticiper », déplore Michaël Menu. « Cette procrastination peut coûter cher, surtout quand les délais d’installation et de mise en œuvre s’allongent. » ajoute-t-il.

Pour Laurent Minguet, la clé est aussi dans l’autonomie énergétique, notamment via les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité. « Même si les coûts initiaux peuvent paraître élevés, il y a aujourd’hui énormément d’aides et de solutions rentables à court ou moyen terme. » Il regrette cependant que les démarches administratives liées aux améliorations énergétiques soient si chronophages : « Les délais d’obtention des permis, les nombreuses étapes de validation et la multiplication des interlocuteurs freinent considérablement l’agilité nécessaire pour engager rapidement des projets durables. Ce ralentissement administratif peut décourager certaines PME, déjà peu dotées en ressources, qui peinent à mobiliser temps et compétences pour naviguer dans ces procédures lourdes. » La gestion énergétique doit devenir un réflexe permanent, soutenu par des audits réguliers, un suivi constant et une optimisation progressive des installations. Pour les PME belges, agir dès aujourd’hui, malgré les obstacles administratifs, c’est assurer leur résilience et leur compétitivité de demain.

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