L’agriculture entre nature et économie
D’ici 2050, la population mondiale atteindra près de 9 milliards de personnes, avec une demande alimentaire 70 % plus élevée qu’aujourd’hui. Le défi de concilier production agricole et biodiversité n’a jamais été aussi grand.
BASF Agricultural Solutions, la division agricole du groupe BASF, y contribue activement. Sa porte-parole, Dessa Langevoort : « Nous soutenons les agriculteurs dans le monde entier pour produire une alimentation saine et abordable, tout en réduisant l’impact environnemental, en préservant les ressources naturelles et en améliorant la santé des sols. »
FarmNetwork
Le portefeuille de BASF Agricultural Solutions est vaste : semences de qualité, traits innovants pour des cultures plus résistantes, protections des plantes biologiques et chimiques, outils numériques, et solutions pour la santé des sols. Le but ? Optimiser les rendements, réduire l’empreinte écologique et favoriser des pratiques agricoles durables.
L’entreprise se concentre sur les grandes cultures dans 15 marchés mondiaux, comme le soja, le maïs, le coton, le blé, le colza, le riz, les fruits et les légumes. « Ces cultures couvrent plus de la moitié des terres agricoles dans le monde », explique Langevoort.
BASF est aussi partenaire du FarmNetwork, un réseau actif dans 12 pays qui réunit agriculteurs, scientifiques, écologistes et entreprises agricoles. L’objectif : co-créer des solutions innovantes pour une agriculture productive et respectueuse de l’environnement. « Nous y développons des bonnes pratiques, suivons la biodiversité à la ferme, et mettons en place des techniques comme les bandes fleuries, la gestion des haies ou des abris pour oiseaux et chauves-souris. »
Une vision économique
Willem ter Heerdt, directeur Food & Agri chez ING Belgique : « Si on regarde uniquement l’agriculture primaire, sa part dans l’économie belge est limitée – environ 1 % du PIB. Mais si on prend en compte tout le complexe agroalimentaire, on parle du plus grand secteur industriel du pays. »
C’est le principal employeur industriel, premier exportateur, et moteur de la balance commerciale. Près de 60 % des matières premières de l’industrie alimentaire proviennent de l’agriculture locale. Avec un chiffre d’affaires de près de 83 milliards d’euros, le secteur représente 13 % du PIB.
« Tout le monde souhaite une agriculture plus durable », poursuit ter Heerdt. « Le débat porte surtout sur la manière d’y parvenir. Le secteur veut maintenir la production, en misant sur la technologie. La société civile, elle, propose parfois de réduire le cheptel pour diminuer l’impact environnemental. »
Le secteur agricole veut maintenir la production et considère la technologie comme la voie vers la durabilité.
Investir dans la durabilité
La réduction du cheptel a entraîné une hausse des prix des produits d’origine animale. « Les œufs sont deux fois plus chers qu’en moyenne, les prix du porc ont augmenté de 25 %, et le bœuf aussi est devenu plus coûteux. Résultat : les revenus des agriculteurs restants ont nettement progressé. » Cela crée une marge d’investissement pour la durabilité, mais ter Heerdt prévient : « Si les prix retombent à la moyenne sur le long terme, cela deviendra plus difficile. »
La politique européenne joue un rôle majeur. « L’UE veut garantir la sécurité alimentaire sans dépendre des importations. » L’Europe dispose de solides atouts : « Les machines agricoles les plus modernes sont équipées de technologies de précision. Certaines, par exemple, détectent les mauvaises herbes avec des caméras et ne pulvérisent que là où c’est nécessaire – une vraie avancée. »
De telles innovations sont rendues possibles par des subsides et un soutien bancaire, mais l’obstacle principal reste l’incertitude : « Les agriculteurs sont prêts à investir, mais ils ont besoin d’une politique stable. Ils doivent savoir que les règles ne changeront pas dans cinq ans. »