Pourquoi le « bronzage sain » n’existe pas
Le soleil sur la peau est agréable, mais il faut une approche consciente. Comment profiter de l’été sans endommager sa peau ? Avec les bonnes habitudes et les soins adaptés, vous la gardez en bonne santé, aujourd’hui et demain.

Le soleil sur la peau est agréable, mais il faut une approche consciente. Comment profiter de l’été sans endommager sa peau ? Avec les bonnes habitudes et les soins adaptés, vous la gardez en bonne santé, aujourd’hui et demain.
Nous aimons tous ce petit soleil d’été, mais il est moins inoffensif qu’il n’y paraît. « Une exposition excessive aux rayons UV est la principale cause du cancer de la peau, et ces risques sont encore trop souvent sous-estimés », explique Lies Goovaerts, experte UV à la Fondation contre le Cancer. Avec plus de 52 000 diagnostics en 2023 en Belgique, c’est le type de cancer dont l’incidence augmente le plus rapidement.
Idées reçues persistantes
Les résultats du moniteur UV de la Fondation contre le Cancer sont préoccupants. Il apparaît que nos connaissances sur la protection solaire diminuent et que notre comportement préventif est insuffisant. Les idées reçues persistent et nous nous exposons encore trop souvent au soleil sans protection. Ainsi, l’idée d’un « bronzage sain » perdure. « Une peau bronzée est en réalité une réaction de stress de la peau face aux dommages de l’ADN », souligne Goovaerts, et donc loin d’être un idéal de beauté sain.
Les dermatologues Dr. Ingrid van Riet et Dr. Jasmin Darabnia de la Carpe Clinic sont du même avis. « L’exposition aux UV n’augmente pas seulement en été : dès mars ou avril, elle peut déjà être élevée et atteindre au printemps des niveaux comparables à ceux du mois d’août. En été s’ajoutent la chaleur et le stress oxydatif, ce qui demande une approche adaptée. Des innovations comme la technologie de scan 3D de l’entreprise flamande Spotwatch montrent également que la détection précoce devient de plus en plus importante dans la lutte contre le cancer de la peau. Nous voulons que les gens profitent de l’extérieur, mais de manière sûre », expliquent-elles.
La protection commence par les bons gestes
« Tout commence par de bonnes habitudes au quotidien », insiste Goovaerts. « Vérifiez l’indice UV avant de sortir, évitez le soleil pendant les heures de pointe entre 12 h et 15 h, cherchez l’ombre autant que possible et portez des vêtements protecteurs, comme un chapeau, des lunettes de soleil et des tenues légères mais couvrantes. » À partir d’un indice UV de trois, la protection est nécessaire, et cela commence dès le printemps.
Ce n’est qu’ensuite que la crème solaire entre en jeu. Elle constitue un complément précieux, mais ne justifie pas de rester plus longtemps au soleil. Utilisez la SPF surtout pour protéger ce que vous ne pouvez pas couvrir. « La crème solaire est encore trop souvent utilisée comme excuse pour s’exposer au soleil », déplore Goovaerts. La protection solaire n’est donc pas un rituel purement estival, mais une habitude à instaurer de mars/avril à fin septembre.
« De plus, les gens en mettent trop peu, et pas assez souvent », ajoutent les docteurs Van Riet et Darabnia. Les dermatologues donnent une directive concrète : « Utilisez environ deux longueurs de doigts pour le visage et renouvelez l’application toutes les deux heures. » C’est particulièrement important lors de la baignade, du sport ou quand on transpire. Les lèvres, les oreilles, les mains et les pieds sont souvent oubliés, alors qu’ils sont particulièrement vulnérables.

Le mythe du bronzage progressif
L’idée qu’on peut « se préparer au soleil en toute sécurité » reste tenace. Dermatologues et la Fondation contre le Cancer sont clairs : « Toute exposition provoque des dommages, même si elle est progressive. » Ces dommages ne se limitent pas aux brûlures. « Les UV accélèrent également le vieillissement de la peau », expliquent-ils. On pense aux taches pigmentaires, à la perte d’élasticité et aux ridules. Ces effets sont surtout causés par les UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau et sont moins visibles à court terme.
Et cela se produit plus vite qu’on ne le croit: même de courtes expositions répétées, comme un déjeuner en terrasse, une balade à vélo ou du jardinage, contribuent à la charge UV totale. Les dommages solaires sont également cumulatifs : « Les effets de l’exposition aux UV s’accumulent et ne deviennent souvent visibles que des années plus tard », explique Goovaerts. L’environnement joue aussi un rôle. L’eau, le sable et même le béton réfléchissent la lumière du soleil, ce qui augmente votre exposition aux UV. En vacances à la mer ou à la montagne, des précautions supplémentaires sont à prendre, surtout chez les enfants, dont la peau est plus sensible, et parce que les coups de soleil à un jeune âge augmentent le risque de cancer cutané plus tard.
Les soins complètent la protection
En plus de la protection, les soins jouent un rôle dans la résistance de la peau à l’été. « Les antioxydants comme le bêta-carotène et la vitamine C aident à neutraliser les radicaux libres », expliquent les dermatologues. Veillez donc à consommer suffisamment de légumes colorés, comme les carottes et la patate douce. Combinés à une bonne hydratation, au sommeil et, à la gestion du stress, et en limitant l’alcool et le tabac, vous contribuez à renforcer votre peau de l’intérieur.
Votre routine de soins quotidienne nécessite également une approche adaptée en été. « Évitez les traitements agressifs comme les peelings puissants ou le rétinol. Ils peuvent rendre la peau plus sensible au soleil. » Optez plutôt pour des soins doux et concentrez-vous sur le renforcement de la barrière cutanée. Un sérum à haute concentration de vitamine C peut être un complément précieux : il aide à protéger la peau contre les radicaux libres et renforce l’efficacité de la protection solaire. Appliquez ensuite votre crème solaire. Une peau bien hydratée est également moins rapidement irritée par l’eau salée ou le chlore.
Une peau saine implique aussi de repenser notre vision de la beauté. La beauté ne dépend pas du bronzage : chaque carnation de peau est belle. Pour ceux qui souhaitent quand même quelques couleurs, mieux vaut choisir des alternatives comme les autobronzants, souligne Dr Van Riet : « Ils donnent de la couleur sans dommage UV, mais attention : ils ne protègent pas contre le soleil. » Rappelez-vous : une peau saine dépend de sa protection,
pas de sa couleur. •••







