Par Justine Doyen

Sandrine Dans: « Tant qu’on a la santé, on peut tout réinventer. »

Animatrice incontournable, Sandrine Dans célèbre près de trente ans de carrière. Entre famille, animaux, nouveaux projets et quête d’équilibre, elle avance avec simplicité, bienveillance et une authenticité qui la relie profondément au public.

Après toutes ces années à la télé et à la radio, qu’est-ce qui vous passionne toujours autant dans votre métier ?

« Ce qui me passionne, c’est la diversité… et l’humain, surtout. Même quand on travaille sur des formats récurrents, aucune journée ne se ressemble vraiment. On rencontre des parcours de vie, des sensibilités, des émotions totalement différentes. Le défi, c’est d’arriver à faire la même chose… mais différemment. Garder une fraîcheur, ne jamais tomber dans l’automatisme, parce que le public le sent tout de suite quand on est dans la routine. Moi, j’ai toujours essayé de me dire : “Et aujourd’hui, qu’est-ce que je peux apporter de plus ?” Une écoute différente, une présence différente, une nuance. C’est ça qui rend ce métier vivant. Et je crois que tant qu’on reste curieux de l’autre, on ne s’use pas. »

Quel regard portez-vous sur vos débuts ?

« Un regard très tendre, presque maternel (sourire). J’ai commencé à vingt ans, j’étais très jeune, très impressionnée aussi. Je n’avais pas fait d’école de télévision, puisque j’étais en études de kiné.

J’ai tout appris sur le terrain, au contact des équipes. Avec le recul, je me dis que j’ai eu énormément de chance d’être aussi bien entourée. On m’a guidée sans me formater.

Quand je revois certaines images, je souris… mais je ne me juge pas. Je vois une jeune femme qui faisait de son mieux, avec sincérité. Et c’est peut-être ça qui me touche le plus. »

Le passage par Miss Belgique a-t-il été déterminant ?

« Oui, clairement. Sans ce passage, je ne serais probablement pas là. C’est lors de cette élection que j’ai rencontré Eddy De Wilde, directeur des programmes de RTL-TVI. Il est venu me trouver en me disant que j’avais un potentiel pour la télévision. Je ne l’ai pas rappelé… parce que je pensais qu’il disait ça à toutes les candidates. Et puis sa secrétaire m’a contactée. Comme quoi, il y a des rencontres qui changent un destin. Mais je crois aussi qu’il faut savoir dire oui quand la vie ouvre une porte. »

Vous n’avez jamais regretté d’avoir arrêté vos études de kiné ?

« Jamais. Tout ce que j’ai appris me sert encore aujourd’hui : comprendre le corps, écouter les signaux, prendre soin. Je continue à me former, à donner des cours de Pilates. La transmission est devenue une part essentielle de mon équilibre. Et puis j’aime l’idée que, même si la télé s’arrêtait demain, j’aurais d’autres cordes à mon arc. »

Le sport est-il indispensable à votre équilibre ?

« Oui, c’est une vraie hygiène de vie. Je crois profondément que le corps et l’esprit sont indissociables. Quand on se sent bien physiquement, on apaise aussi son mental. Le sport me permet de sortir du mental qui tourne en boucle. Sinon, on devient comme un hamster dans sa roue. Bouger me reconnecte à quelque chose de très simple, très essentiel. »

On voit aujourd’hui beaucoup de tendances autour des compléments alimentaires et des médecines alternatives. Quel est votre regard là-dessus ?

« J’ai toujours été quelqu’un de très ouverte à ces approches-là. Je pense qu’il ne faut fermer aucune porte, mais qu’il ne faut pas non plus croire à une solution miracle universelle. Je prends des compléments alimentaire, mais de manière réfléchie. Je ne suis pas dans la surconsommation.

Je pense que c’est pareil pour tout : la méditation, le yoga, les traitements hormonaux… Ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas forcément pour l’autre. Il faut essayer, s’écouter, s’adapter. La solution miracle n’existe pas, mais il existe mille chemins pour se sentir mieux. »

©Gregory Van Gansen

« Les animaux offrent un amour inconditionnel. »

Comment expliquez-vous ce lien si fort avec le public ?

« Peut-être parce que je suis restée moi-même. Je n’ai jamais voulu créer un personnage. J’ai partagé mes joies, mes grossesses, mes doutes, mes fragilités aussi.

Les médias font rêver, mais la vie n’est pas toujours lisse. Et je pense que les gens se reconnaissent là-dedans. Aujourd’hui, des jeunes femmes me disent qu’elles me regardaient quand elles étaient petites… C’est très émouvant. J’ai accompagné plusieurs générations sans m’en rendre compte. »

Votre famille semble être votre socle…

« Complètement. Ma vie familiale est vraiment mon ancrage, mon point d’équilibre. C’est elle qui me permet de garder les pieds sur terre dans un métier qui, par définition, peut parfois vous emporter très vite.

Je crois profondément que mon bonheur tient dans cet équilibre-là : être épanouie professionnellement sans jamais sacrifier les miens. Je n’ai jamais voulu choisir entre ma carrière et ma famille. J’ai toujours essayé de faire cohabiter les deux, même si ce n’est pas simple tous les jours. Mon mari, mes enfants… ce sont eux qui donnent du sens à tout le reste. Ce sont eux qui me rappellent qui je suis vraiment, au-delà de la télévision. Quand je rentre à la maison, je redeviens juste une maman, une épouse, une femme comme les autres. Et c’est précieux.

J’ai toujours dit à mes enfants que je faisais un métier comme les autres mamans. J’allais à la fancy-fair, je tenais le stand de gâteaux… C’était important pour moi qu’ils grandissent dans quelque chose de normal, de simple, parce que c’est cette normalité qui me nourrit et qui me permet de rester alignée. »

Comment gérez-vous les réseaux sociaux, où vous êtes présente presque quotidiennement ?

« C’est une manière de communiquer directement, sans filtre, sans déformation. On sait que la presse ou l’extérieur peuvent parfois s’emparer d’une partie de votre vie et la raconter autrement. Les réseaux me permettent de garder la maîtrise de ce que je montre : des moments simples, vrais, comme la nature, mes animaux, mon quotidien. Ce que je partage, ce sont souvent des petits instants de vie : un chant d’oiseau le matin, une balade, une poule qui passe dans le jardin…
Des choses très simples, mais qui me ressemblent profondément. Et j’ai la chance d’avoir une communauté très bienveillante. Il y a beaucoup d’échanges positifs, beaucoup de douceur. »

Vous êtes très identifiée aux émissions qui parlent d’amour et de rencontres. Quel regard portez-vous, vous, sur les relations aujourd’hui ?

« J’y crois profondément. Pour moi, rien ne remplacera jamais une vraie rencontre. Un regard, une présence, une vibration dans le réel. On parle beaucoup des réseaux sociaux, des applications… Je ne dis pas que tout est mauvais, loin de là. Mais rien n’est plus fort qu’un face-à-face. Un repas sans téléphone, une discussion qui dure des heures, un silence partagé… C’est là que les vraies connexions se créent.

Je pense même que les jeunes générations, qu’on critique beaucoup, reviennent doucement vers ça : le besoin de concret, d’authenticité. Et puis l’amour, au sens large, est fondamental. L’amour de ses parents, de ses amis, de son partenaire… C’est ce qui nous construit, ce qui nous porte. Je dis souvent qu’il y a deux choses qui font tourner le monde : l’amour et l’argent. L’argent, je le laisse aux autres… moi, je
prends l’amour. »

Les animaux occupent une place immense dans votre vie…

« Les animaux m’apportent quelque chose d’absolument essentiel : un amour inconditionnel. Sans jugement, sans attente, sans calcul. Ils ne vous aiment pas pour ce que vous représentez ou pour ce que vous faites, mais simplement pour ce que vous êtes. Et ça, c’est d’une puissance incroyable. Ils nous ramènent à quelque chose de très pur, de très vrai. Au quotidien, ils m’apaisent profondément.. C’est aussi pour ça que l’émission que j’anime, Animal porté disparu, me touche autant. Retrouver un animal perdu, ce n’est pas seulement résoudre une enquête, c’est réunir une famille. On se rend compte à quel point un animal fait partie intégrante d’un foyer, à quel point le lien est fort. Quand il y a les retrouvailles, l’émotion est immédiate, brute, sincère. Au fond, ce sont encore des histoires d’amour. Et tout ce qui parle d’amour, sous toutes ses formes, me touche profondément. »

©Gregory Van Gansen

« Tant qu’on reste curieux de l’autre, on ne s’use pas.»

Vous avez encore beaucoup de rêves ?

« Oh oui… énormément (rires). Je crois que je n’aurai jamais assez d’une vie pour tout faire. Avec mon mari, on partage un bureau. Lui est très organisé, très structuré… et moi, c’est l’inverse : il y a des livres, des notes, des idées partout. Et j’ai une wishlist de plusieurs pages, recto verso. Il y a des projets professionnels que j’aimerais développer, des formats différents, des expériences à tenter… Mais aussi énormément d’envies personnelles : des voyages, des découvertes, des apprentissages. Je suis quelqu’un de très curieux. J’ai envie de comprendre, de tester, de me challenger. Et en fait, je remplis cette liste plus vite que je ne la vide. Mais ce n’est pas grave : c’est ce qui me met en mouvement. Tant qu’on a des envies, on reste vivant. »

De quoi êtes-vous la plus fière aujourd’hui ?

« Professionnellement, d’avoir tenu trente ans. Dans les médias, tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Alors je me dis que c’est déjà un beau parcours. Mais je suis surtout fière d’avoir réussi à construire ça sans perdre essentiel: être restée fidèle à qui je suis et avoir préservé ma famille au milieu de tout ça. Parce que la réussite n’a de sens que si on peut la partager avec ceux qu’on aime. »

Et si tout s’arrêtait demain ?

« Je n’aurais pas peur. Vraiment pas. Je crois profondément que quand quelque chose s’en va, c’est pour laisser de la place à autre chose. C’est l’équilibre de la vie. Tant qu’on a la santé, qu’on se réveille le matin entouré des siens, on peut tout réinventer. J’ai mille idées, mille envies. Je ne suis pas quelqu’un qui reste figé dans la nostalgie. Alors oui, certaines personnes me manqueraient, certains projets aussi… Mais je rebondirais, parce que rien n’est figé. Et que la vie, par définition, est mouvement. » •

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Le saviez-vous ?

« Les grands-parents de Sandrine étaient fermiers en Ardenne. Petite, elle grandit entre poules, chevaux de trait et champs, au cœur du monde agricole.  Une enfance qui explique le lien naturel qu’elle a tissé avec les agriculteurs en animant durant de nombreuses années L’Amour est dans le pré. Plus qu’un rôle d’animatrice, un véritable retour aux sources, porté par la simplicité et la bienveillance qui
la caractérisent. »

mars 26, 2026
par Justine Doyen
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