Kids

Tous en camp

novembre 26, 2025
par Josefien De Bock

Les camps de vacances ne sont plus depuis longtemps de simples semaines de jeux et de bêtises. Ce sont des lieux où les enfants apprennent à découvrir, à grandir, à collaborer et à être pleinement eux-mêmes. Et le plus beau, c’est qu’aujourd’hui, il existe un camp pour chaque enfant – qu’il soit audacieux ou rêveur, sportif ou ayant besoin d’un accompagnement particulier.

Chaque année, des milliers d’enfants partent en camp avec Heyo, la branche vacances de l’association de solidarité Helan et l’un des plus grands acteurs en Flandre. « Nous constatons que les parents choisissent plus consciemment qu’autrefois », explique Charlotte Van Bogaert, responsable de la communication. « Un camp doit correspondre aux intérêts de leur enfant : certains recherchent l’action, d’autres le calme. Cette diversité rend notre offre si forte. »

Le site web propose des classiques comme Chasseurs de trésors et pirates pour les jeunes aventuriers, mais aussi des camps sportifs, des semaines créatives et des séjours avec nuitée. Pour les adolescents, il existe des camps internationaux tels qu’Action+ en Italie ou Sun & Sea en Espagne. De plus en plus souvent, il ne s’agit pas seulement de plaisir : des thèmes comme la durabilité, les STEM, la nature ou l’équilibre numérique gagnent en importance. « Les enfants aspirent à la connexion, pas au Wi-Fi », explique Heyo. « En jouant, en explorant et en vivant ensemble, les écrans passent à l’arrière-plan. En même temps, nous proposons aussi des camps comme Mediamakers, qui plongent justement dans le monde numérique. Nous voulons surtout offrir un équilibre entre découvrir le monde numérique et la vraie expérience de camp. Les parents y attachent beaucoup d’importance, tout comme à un bon encadrement. Nos animateurs sont soigneusement formés et ceux qui travaillent avec des enfants avec un besoin de soins, reçoivent une formation complémentaire. Ainsi, chaque enfant peut participer en toute sécurité. »

En plein air et temps hors ligne

Ocarina (anciennement Jeunesse & Santé) organise des camps de jour et des séjours résidentiels pour les enfants et les jeunes de 2 ans et demi à 17 ans en Wallonie et à Bruxelles. Comme Heyo, Eléna Stordeur, responsable de la communication, constate que les parents valorisent le plein air et le temps hors ligne. « Les camps dans la nature ou à la montagne sont très populaires. Toutes les activités sont centrées sur la créativité et l’imagination, et nous avons une charte pour encourager les enfants à poser leur smartphone. »

Chaque année, de nouvelles familles découvrent Ocarina. « Nous accueillons de plus en plus d’enfants issus de milieux socialement fragiles ou accompagnés par le SAJ (Service d’Aide à la Jeunesse). Certaines régions d’Ocarina proposent aussi des animations dans les hôpitaux afin d’y faire vivre aux enfants l’esprit du camp. » Ocarina comprend également AniJHan, destiné aux enfants et jeunes porteurs de handicap. L’accessibilité, l’accompagnement adapté et la solidarité y sont au cœur. « Nous ne partons pas du handicap, mais de l’enfant. Chacun a droit aux vacances, au plaisir et à l’amitié », souligne Stordeur.

« Un camp doit correspondre au caractère de l’enfant : certains recherchent l’action, d’autres le calme. »

— Charlotte Van Bogaert. Responsable de la communication chez Heyo

Des thèmes originaux

À côté des grandes organisations, de nouvelles initiatives voient le jour chaque année. Des acteurs comme Kazou et JOETZ restent des valeurs sûres, mais Freetime, Activak, Jonge Helden et Neverland proposent aussi des thèmes originaux. Be Wild et Wanderkamp emmènent les enfants dans la nature autour de l’aventure et de l’autonomie. Coccolarte et Studijo BOS allient art, expression et nature. Pour les parents dépassés par la variété de l’offre, des plateformes pratiques comme HappyGo et kampzoeker.be permettent de s’y retrouver.

Les camps de Sport Vlaanderen et des services sportifs communaux restent également très prisés, avec des programmes de plus en plus ouverts aux enfants ayant des besoins spécifiques. Il existe ainsi des camps de sport adaptés à l’autisme et des initiatives avec accompagnement individuel. « L’inclusion n’est plus un dispositif séparé, elle devient la norme », affirme Van Bogaert. « Nous croyons que chaque enfant a droit à de belles vacances, même s’il a besoin d’un soutien particulier. »

Un camp pour chaque enfant

À Villa Rozerood, à La Panne, cette idée prend un sens encore plus profond. Les familles avec un enfant atteint d’un handicap multiple peuvent y venir en vacances ensemble. La maison de répit a été fondée en 2004 par un groupe de personnes socialement engagées ayant perçu un manque dans le paysage des soins. Aujourd’hui encore, c’est la seule maison de répit en Belgique où les enfants malades peuvent séjourner avec leur famille ou leurs aidants. « Nos hôtes viennent non seulement pour les soins, mais surtout pour le repos et le temps passé ensemble », explique Bart Devos, coordinateur général. « Les familles avec un enfant gravement malade ne peuvent pas partir en vacances facilement. Chez nous, c’est possible, car l’accompagnement médical, le matériel adapté et le personnel sont sur place. Les parents n’ont pas à planifier ni à s’inquiéter : ils peuvent simplement profiter les uns des autres. »

L’équipe de soignants professionnels et de bénévoles crée une atmosphère chaleureuse. « Nous voulons que les familles puissent souffler ici. Certaines retrouvent la mer pour la première fois depuis des années. Cela apporte un immense soulagement et beaucoup de joie. Notre maison est presque complète toute l’année — preuve de l’importance de ces lieux. »

Plus que de la détente

L’offre destinée aux enfants porteurs de handicap ne cesse de croître. Des organisations comme HABIT-ILE proposent des camps de rééducation pour les enfants atteints de paralysie cérébrale, tandis que des initiatives comme Access And Go, CEMÉA, Fonkelster, Fielgoed, Resett Reizen et De Wereld van Flo offrent des vacances adaptées avec accompagnement médical ou pédagogique.

Ce que les enfants apprennent en camp est difficile à mesurer. « Nous croyons que les camps contribuent au développement des compétences psychosociales telles que la coopération, l’empathie, l’écoute, la confiance en soi et la gestion des émotions. Les enfants deviennent plus autonomes, apprennent à vivre avec les autres et à découvrir la nature. La vie en communauté qu’ils expérimentent en camp est un atout pour leur développement », dit Stordeur. « C’est ainsi qu’ils apprennent à se connaître », ajoute Van Bogaert. À Villa Rozerood aussi, on voit chaque jour les effets d’un séjour. « Nous voyons des enfants qui, d’ordinaire, vivent dans un environnement hospitalier, s’épanouir ici », raconte Devos. « Plus de médecins, plus de plannings, juste des jeux avec leurs frères et sœurs, des rires — simplement être un enfant. C’est la liberté pure. » ☉

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