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« Le facility management doit être autour de la table dès le départ »

Depuis longtemps déjà, le facility management ne se limite plus à la simple « gestion des bâtiments ». Selon Tanja Barella, directrice de belfa, les facility managers rendent la durabilité concrète et visible : à travers l’énergie, la maintenance, la restauration et la mobilité. « Depuis le Covid, le FM est sorti de l’ombre, et davantage encore aujourd’hui avec l’ESG. »

5 mars 2026Par Hannes Dedeurwaerder6 min. temps de lecture
© Gregory Van Gansen

Que fait exactement belfa ?

« Belfa est l’acronyme de Belgian Facility Association, une association professionnelle pour la communauté du facility : d’une part, les professionnels qui prennent en charge le facility management au sein de leur propre organisation et, d’autre part, les prestataires de services et fournisseurs, de la restauration et du nettoyage au HVAC, en passant par l’aménagement et les techniques du bâtiment. Ce qui nous caractérise, c’est notre forte orientation vers le contenu et le partage de connaissances, notamment via des webinaires, des séminaires, des formations, des whitepapers… Notre mission se résume en trois mots : expertise, exchange, evolve. »

Le facility management est encore souvent identifié à la « gestion des bâtiments ». À juste titre ?

« C’est compréhensible, mais cela ne reflète qu’une partie de la réalité. Aujourd’hui, le facility management englobe tout ce qui permet aux personnes de faire leur travail dans un environnement sûr, confortable et efficace. Si beaucoup n’ont pas une image concrète du facility management, c’est parce qu’il reste souvent invisible tant que tout fonctionne. On ne se rend pas compte que derrière le constat “tout fonctionne” se cache toute une organisation. »

Selon vous, le Covid a marqué un tournant pour le FM. De quelle manière ?

« Lorsque tout le monde a cessé d’aller au bureau, puis y est retourné en respectant des règles: une signalisation, des sens de circulation, des limites d’occupation et des procédures adaptées pour le nettoyage et la restauration. On a pris conscience de l’ampleur de l’impact du facility. C’est devenu tout à coup tangible : il s’agit d’un maillon essentiel pour assurer la continuité de l’organisation. Le travail hybride rend le rôle du facility management plus large et plus stratégique. Autrefois, le facility management relevait principalement du département finance. Aujourd’hui, on observe un glissement clair vers les RH, parce que l’humain occupe une place centrale : le bien-être, l’employee experience, l’employer branding… Ils ne sont plus accessoires. Parallèlement, la crise énergétique a constitué un deuxième accélérateur. Les prix de l’énergie ont explosé, tandis que les budgets sont souvent restés inchangés. Et c’est alors au facility management de trouver des solutions à la fois opérationnelles et responsables. »

Pourquoi la durabilité est-elle devenue un thème central ?

« Parce que les facility managers ont une influence directe sur les bâtiments, les services et l’usage quotidien des ressources. En faisant des choix réfléchis en matière d’énergie, de maintenance, de nettoyage, de restauration et de mobilité, il est possible de réduire les coûts et de limiter l’impact écologique. En même temps, cela contribue aux objectifs ESG et au bien-être des collaborateurs. C’est ainsi que la durabilité devient concrète et visible au sein de l’organisation. Les facility managers sont également proches de tout ce qui est mesurable : consommation, taux d’occupation, confort, cycles de maintenance. Ils peuvent donc traduire la durabilité d’une belle ambition en “qu’allons-nous faire différemment dès lundi ?” »

Quel est, selon vous, le rôle du facility management dans l’ESG et la CSRD ?

« Le facility management joue un rôle clé dans la mesure, le monitoring et le pilotage dans son propre domaine : bâtiments, services, fournisseurs, processus. Sans mesure, on travaille sur des suppositions. Avec des données, on peut dire : voilà ce que nous devons faire pour atteindre nos KPI. Le facility management est donc essentiel pour concrétiser la politique et atteindre les objectifs fixés par l’organisation. De plus, l’approche porte de plus en plus sur l’ensemble de la chaîne. Les facility managers ne s’intéressent plus seulement aux produits, mais aussi aux fournisseurs : comment traitent-ils leurs collaborateurs ? À quel point leur fonctionnement est-il durable ? L’ensemble est-il cohérent ? Ces questions prennent une importance croissante. »

Vous dites que la durabilité est aussi une question d’état d’esprit. Les entreprises sont-elles principalement motivées par conviction ou par obligation ?

« Les deux. Certaines entreprises le font par obligation, et dans ce cas, cela reste parfois superficiel. D’autres le font parce qu’elles y croient vraiment, parce qu’elles pensent à leurs enfants et petits-enfants, et parce qu’elles sont convaincues que la durabilité est l’avenir. Cela ne peut pas être un simple “petit projet”. Quand on y adhère pleinement, on adopte une approche réfléchie : en matière d’énergie, mais aussi dans le choix des fournisseurs, l’organisation du nettoyage et de la restauration, la mobilité, l’utilisation des matériaux. C’est là que réside le véritable impact. »

© Gregory Van Gansen

Facility management wordt vaak als een kostenpost gezien. Waarom is dat zo hardnekkig?

“Omdat facility management lang als puur operationeel werd bekeken. Het is ondersteunend, en deze diensten worden al snel herleid tot budgetten voor cleaning, catering, onderhoud, enzovoort. Maar dat is een te beperkte visie. Facility management bepaalt mee hoe efficiënt je werkt, hoe aantrekkelijk je werkplek is, hoe duurzaam je organisatie is, hoe veilig je infrastructuur functioneert. Dat zijn strategische impactzones. Toch zie je nog te vaak dat facility managers pas laat betrokken worden, terwijl ze net aan het begin mee aan tafel moeten zitten.”

Welke impact heeft digitalisering op facility management?

“Het is cruciaal geworden, omdat meten weten is. Als je meet en monitort, heb je data en kan je strategischer werken. Denk aan energieverbruik, bezetting, luchtkwaliteit, cleaning en maintenance. Sinds Covid en zeker sinds de energiecrisis is dat enorm versneld. Ook cleaning verandert: vroeger werd op vaste momenten gepoetst. Vandaag kan je via sensoren of reserveringssystemen zien welke ruimtes effectief gebruikt zijn en daar je planning op afstemmen. Dat bespaart tijd, kosten en verhoogt efficiëntie. Hetzelfde geldt voor catering: als je niet weet hoeveel mensen aanwezig zijn op een dinsdag versus vrijdag, kan je ook niet slim plannen.”

Technologie betekent ook nieuwe risico’s, zoals cybersecurity. Is dat ook facility?

“Meer dan ooit. Facility management werkt steeds minder in silo’s en veel meer samen met IT. Denk aan toegangscontroles, camera’s, poortjes, nummerplaatherkenning,… Ook risicobeheersing, bijvoorbeeld van hacking, behoort tot onze dienstenportefeuille. Daarom spreek ik graag over facility management als een ecosysteem. De rol raakt aan HR, IT, finance, maar ook aan duurzaamheid, energie en veiligheid.”

Welke evolutie hoopt u de komende jaren nog sterker te zien?

“Dat facility management nog meer als strategische functie wordt erkend. Dat directies begrijpen: dit is niet alleen een kost, dit is de toekomst van je organisatie. En ik wil ook een oproep doen: er is te weinig instroom. In Vlaanderen is een bachelor facility management gestopt door te weinig studenten, terwijl er net enorm veel vraag is. In Wallonië zijn er masters, maar in Vlaanderen ontbreekt die structurele opleiding. En dat terwijl het vak zo snel evolueert.”