Nouvelle classe, nouveau stress: Comment soutenir votre enfant (et vous-même) ?
De la crèche à la maternelle, d’un maître familier à un instituteur inconnu, de grand en dernière année à petit nouveau dans la grande école… Chaque transition scolaire s’accompagne de nervosité et d’émotions – pour l’enfant, mais aussi pour le parent. Comment éviter les drames à la porte de l’école et les tensions à la table du petit déjeuner ? Ou est-ce normal, finalement, que quelques larmes coulent ?
C’est un phénomène bien connu en fin de vacances d’été : les enfants – et leurs parents – deviennent plus sensibles.
La rentrée scolaire est souvent synonyme d’angoisse. Nouvelle classe, nouvelles règles, visages inconnus, routine du matin à revoir, un flot de stimulations… Cette accumulation de changements provoque, consciemment ou non, du stress.
Apprendre dans le soin
Magali Blomme, coach parentale chez HOPON (partenaire de Huis van het Kind Bruxelles et membre d’i-mens), sait que ce passage vers un nouvel environnement d’apprentissage soulève beaucoup de questions. « Le passage à la maternelle est une étape clé, que notre système scolaire ne facilite pas toujours. Est-il vraiment normal que tant d’enfants pleurent le premier jour ? Et si l’on instaurait plutôt une période d’adaptation progressive, où parents, enseignants et enfants apprennent à se connaître ? » La clé, selon elle, réside dans la continuité entre la maison, la crèche, l’école et l’accueil périscolaire. « Plus on tient compte du bien-être émotionnel des enfants, plus la transition entre le soin et l’apprentissage se fera en douceur. »
Un enfant ne peut pas apprendre s’il ne se sent pas en sécurité. Les parents et l’école peuvent jouer un rôle essentiel, explique Blomme. « Une bonne communication est un point de départ. Les parents peuvent-ils rencontrer l’enseignant à l’avance ? Le site de l’école donne-t-il suffisamment d’informations ? Y a-t-il une brochure ou une vidéo d’accueil à regarder ensemble avec l’enfant ? » Des repères concrets en classe peuvent aussi aider : un mur de photos de famille, ou un message vocal de papa ou maman pour réconforter en cas de coup de blues. « Certaines écoles y accordent beaucoup d’attention, d’autres moins. L’important, c’est d’en parler. »
À la maison aussi, gardez le dialogue ouvert. « Votre enfant pose beaucoup de questions ? Lisez un livre sur la rentrée, marchez ensemble jusqu’à l’école, ou pique-niquez avec la nouvelle boîte à tartines. Et quand le moment sera venu, mettez-y ses aliments préférés : pas besoin de se limiter aux classiques flamands, une tartine peut très bien être remplacée par un falafel ou un simit avec quelques légumes. Ce genre de petits repères aide à se sentir chez soi. »
« Le cerveau des enfants est encore en plein développement. Ils ne savent pas encore anticiper les changements ni se rassurer seuls »
Une base sécurisante
« Une cour de récré sans larmes n’est pas un objectif en soi », insiste Magali Blomme. Toutes les émotions – peur, colère, tristesse – méritent leur place. Et c’est là que les parents peuvent accompagner leur enfant, confirme Steven Gielis, orthopédagogue et fondateur de la communauté parentale en ligne ZITDAZO. « Le cerveau des enfants est encore en développement. Ils ne savent pas encore anticiper les changements ni se rassurer tout seuls. »
Comme les jeunes enfants ne savent pas toujours exprimer ce qu’ils ressentent, leurs émotions ressortent autrement : maux de ventre, insomnies, irritabilité… « Si vous voyez que votre enfant devient plus tendu vers la fin de l’été, se dispute plus avec sa sœur ou évite toute conversation sur l’école, prenez-le au sérieux », conseille l’auteur d’Éduquer vers la confiance en soi. « La validation émotionnelle est essentielle : reconnaître ce qu’il ressent, expliquer que la colère n’est pas une excuse pour être désagréable, mais qu’on comprend et qu’on va avancer ensemble. »
Accueil et routines
Face à toutes les questions sans réponse qu’amène la rentrée, vous n’avez pas toujours de solution immédiate. Et ce n’est pas grave, souligne Gielis. « L’important, c’est d’être présent et de dire à votre enfant : oui, il y a des choses inconnues qui arrivent, mais papa ou maman est là. »
Les jeunes enfants sont rassurés par des réponses concrètes. Les plus grands, eux, vivent la transition de manière plus émotionnelle. L’avis des autres devient important, tout comme la peur d’être jugé. « Les ados savent s’exprimer, mais seulement s’ils se sentent écoutés. Sinon, ils se referment. »
Vouloir tout solutionner immédiatement est souvent contre-productif. « Les recherches montrent que les jeunes parlent moins quand on leur impose des solutions. Mieux vaut dire : Tu as déjà surmonté des défis, je sais que tu peux le faire, j’ai confiance en toi. Ce n’est pas du laxisme, c’est de la validation : se sentir compris rend plus fort. »
Enfin, une routine paisible aide toujours à diminuer le stress, conclut Gielis. « Évitez les départs précipités. Une matinée calme a un impact énorme sur le déroulement de la journée. Si cinq minutes peuvent faire la différence, levez-vous cinq minutes plus tôt ou préparez les affaires la veille. »
Mais même avec une préparation parfaite, il n’existe pas de recette miracle, rappelle Magali Blomme. « L’éducation, c’est du sur-mesure. Un enfant ne pourra s’épanouir que s’il se sent en sécurité et relié aux autres. Une transition chaleureuse demande du temps – offrons-leur ce temps. »