Par Justine Doyen

Emilie Dupuis: «Ma famille est ma plus grande fierté»

Animatrice, entrepreneure et maman, Émilie Dupuis mène plusieurs vies de front sans jamais perdre de vue l’essentiel. Derrière la visibilité médiatique, elle revendique une réalité faite d’équilibre, de doutes, de valeurs solides et d’authenticité.

Lorsque vous regardez votre parcours aujourd’hui, qu’est-ce qui vous rend le plus fière ?

« Sans hésiter, la construction de ma famille. C’est vraiment ce que je considère comme mon plus grand accomplissement. Avant de devenir maman, je n’avais pas mesuré à quel point cela demanderait un investissement aussi total, émotionnellement et personnellement. On élève des enfants qui ont chacun leurs particularités, leurs sensibilités, leurs fragilités aussi… et il faut apprendre à accompagner tout cela, tout en menant une carrière prenante. Quand je parle de ma famille, j’inclus évidemment mon mari. C’est un équilibre global : notre couple, nos enfants, notre solidité. Il y a eu des concessions, des choix difficiles, des moments de fatigue, des remises en question. Mais aujourd’hui, à 40 ans, quand je regarde ce que nous avons construit ensemble, je ressens une immense fierté. Rien n’est parfait, mais tout est vrai. »

Votre participation à Miss Belgique a-t-elle été un tournant ?

« Oui, totalement. J’étais quelqu’un d’hyper timide, introvertie. Cette expérience m’a obligée à sortir de ma zone de confort de façon radicale. Je me suis retrouvée à parler à la presse, à voyager, à m’exprimer en public… alors que je n’osais même pas téléphoner pour prendre un rendez-vous. Cela a été un déclic énorme dans ma construction personnelle et professionnelle. »

Votre carrière est très exposée. Comment conciliez-vous vie publique et vie privée ?

« C’est un équilibre que j’ai appris à construire avec le temps. L’authenticité est essentielle pour moi, notamment sur les réseaux sociaux. Je n’ai jamais voulu donner une image fausse ou trop lisse. Mais aujourd’hui, je filtre davantage. Mes enfants grandissent, et cela change beaucoup de choses. Mon fils entre dans la préadolescence, une période plus sensible. Je sais que ce que je publie aujourd’hui peut avoir un impact sur lui demain. Donc je protège davantage leur image, leur intimité. Être authentique ne veut pas dire tout montrer. Cela veut dire rester sincère dans ce que l’on partage… tout en préservant ce qui doit rester intime. »

Quel regard portez-vous sur les réseaux sociaux pour vos enfants qui grandissent ?

« Je suis extrêmement vigilante. On discute beaucoup, on surveille, on explique. Certaines tendances me font peur. Avec mon mari, nous essayons d’être très présents pour éviter que certaines choses nous échappent. »

Demandez vous l’avis de vos enfants avant de publier du contenu où ils apparaissent ?

« Oui, surtout à mon fils. C’est important qu’il se sente respecté. Mais je constate qu’ils prennent beaucoup de plaisir à participer, notamment lors de collaborations.

Ils voient cela comme un jeu créatif. Ils proposent des idées, ils s’amusent avec les équipes. Et puis cela leur permet aussi de comprendre que certaines expériences sympas existent parce qu’il y a du travail derrière. C’est une façon concrète de leur transmettre la valeur de l’effort. »

© Gregory Van Gansen

« Créer et entreprendre en famille est une immense fierté. »

Justement, en parlant de valeurs, quelles sont celles que vous aimeriez leur transmettre en priorité ?

« La conscience de la réalité, avant tout. Je veux qu’ils comprennent qu’ils ont de la chance et que tout le monde ne vit pas de la même manière. Mes enfants regardent les informations depuis très jeunes, parce que je veux qu’ils gardent les pieds sur terre. J’aimerais aussi les impliquer dans des actions solidaires, comme l’opération Thermo qui consiste en la distribution de repas aux sans-abri. Il est important pour moi qu’ils ressentent les choses, qu’ils comprennent la société dans laquelle ils grandissent. Et puis il y a la valeur du travail. J’ai grandi dans le magasin de vêtements familial. J’ai vu mes parents travailler énormément. Respect, discipline, persévérance… ce sont des repères que je souhaite leur transmettre à mon tour. »

On vous prête parfois une “vie parfaite” sur les réseaux…

« C’est une image qui peut exister, oui. Mais elle est loin de la réalité. Ma vie n’est pas parfaite. Comme tout le monde, je traverse des difficultés, des inquiétudes, des moments plus lourds. Simplement, je ne les expose pas. Il y a des choses qui n’appartiennent qu’à moi, qu’a ma famille. Les réseaux donnent une illusion de perfection, parce qu’on y montre surtout les moments lumineux. »

Comment avez-vous appris à gérer les critiques et la haine en ligne ?

« Cela a été un apprentissage. Au début, je lisais tout, et cela me faisait énormément souffrir. Je pouvais pleurer pendant des heures pour un commentaire. Mon mari m’a aidée à prendre du recul. Il m’a dit que si je voulais continuer ce métier, je devais apprendre à me protéger. Aujourd’hui, je lis beaucoup moins. Et puis ma force, c’est ma base : ma famille, mais aussi mes amis. J’ai un cercle très solide, avec des amitiés qui remontent à mes 15 ans. Ce sont des gens qui m’ont connue avant la télévision, avant les réseaux, avant tout ça. Quand je doute, je les appelle. Ils me recentrent, me rappellent qui je suis vraiment. Sans cet entourage, je pense que ce serait beaucoup plus difficile de tenir dans un métier aussi exposé. Pendant longtemps, j’ai eu tendance à tout garder pour moi. Je me mettais énormément de pression, notamment par rapport au regard des autres ou aux critiques que je pouvais lire. Cela pouvait m’atteindre beaucoup plus que je ne voulais bien le montrer. J’ai appris, avec le temps, à prendre du recul, à relativiser, et surtout à ne plus m’isoler dans ces moments-là. »

Qu’est-ce qui vous rebooste dans un jour un peu moins positif ?

« Le sport ! Il joue un rôle essentiel dans mon équilibre. C’est mon exutoire. La boxe, notamment, me permet d’évacuer énormément de tensions. Ce n’est pas tant la performance qui compte que le fait de me vider la tête, de sortir la pression accumulée. Quand je fais du sport, je me reconnecte à moi-même, je me recentre physiquement et mentalement. »

© Gregory Van Gansen

Présenter la météo fait aujourd’hui partie de votre quotidien. Est-ce un rôle particulier ?

« C’est une présence régulière, presque intime, dans leur vie. Il n’y a pas une journée où l’on ne me demande pas quel temps il va faire : à l’école de mes enfants, dans la rue, en allant chercher un café… C’est devenu un réflexe pour beaucoup de personnes, et je m’y étais préparée, donc cela me fait plutôt sourire.  Ce que j’aime dans la météo, c’est son utilité immédiate. On n’est pas dans quelque chose d’abstrait : on aide concrètement les gens à organiser leur vie. Que ce soit pour un mariage, un baptême, un barbecue, un tournoi sportif ou même une sortie scolaire, la météo influence tout. Je reçois énormément de messages privés de personnes qui me demandent déjà le temps qu’il fera pour un événement prévu dans plusieurs semaines, parfois même plusieurs mois. Cela me fait sourire, mais cela montre aussi à quel point cette information est importante pour eux. La météo joue aussi beaucoup sur le moral. Un week-end ensoleillé n’a pas le même impact qu’une semaine de pluie. Dans certaines périodes, comme lors de chutes de neige ou d’intempéries, on sent vraiment la responsabilité qui repose sur nous. Il faut être précis et rigoureux afin de transmettre l’information de la manière la plus claire possible. »

Vous avez développé une section femme dans le magasin de vos parents. Était-ce une évidence ?

« Oui… et non. J’ai grandi dans ce magasin. J’y ai passé mon enfance. La mode a toujours fait partie de mon univers, même si, adolescente, j’avais juré que je n’y travaillerais jamais. Et puis la vie m’y a ramenée autrement, avec l’ouverture de la section femme. C’est une évolution importante pour l’enseigne, mais aussi une nouvelle étape pour nous en tant que famille. Je m’occupe des collections, des sélections, des achats. Je me déplace à Amsterdam, à Paris, parfois à Milan. C’est passionnant de construire quelque chose de tangible, ensemble. Ce qui me touche le plus, c’est la dimension collective du projet. Mes parents, mon frère, nos conjoints, nos enfants… C’est presque transgénérationnel. Créer, développer, oser… en famille, c’est une immense fierté. »
Avez-vous encore un rêve professionnel que vous aimeriez concrétiser ?

« Oui : la comédie. Jouer dans une série ou un film serait une expérience incroyable. Ce n’est pas un rêve obsessionnel, mais si l’opportunité se présentait, je serais prête à mettre d’autres projets entre parenthèses pour tenter l’aventure. »

Quel message aimeriez-vous transmettre aux lectrices ?

« De croire en leurs rêves. Les barrières sont souvent mentales. Il faut oser, avancer, rester fidèle à soi-même et bien s’entourer. Parce qu’au final, la famille et les amis restent le socle de tout. » •

Le saviez-vous…

Le jour de son mariage, célébré dans le sud de la France, Émilie Dupuis a vécu une situation pour le moins ironique : « Il a plu sans interruption… jusqu’à 17 heures. Pendant ce temps-là, la Belgique profitait d’un grand soleil et de 29 degrés. » 

mars 3, 2026
par Justine Doyen
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