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Accord du gouvernement : ce qui change en 2026

septembre 25, 2025
par Léa Stocky

Conclu le 31 janvier 2025, l’accord de gouvernement belge pour la période 2025-2029 a pour objectif de soutenir la compétitivité économique et d’équilibrer les dépenses sociales. Concrètement, à quels changements les employeurs et salariés doivent-ils s’attendre en 2026?

La hausse du montant des chèques-repas

Parmi les mesures phares de la réforme, figure l’augmentation de la valeur faciale maximale des chèques-repas, qui passera de 8 à 10 euros au 1er janvier 2026. Cette hausse entend soutenir les salariés. Sarah Ghislain, Avocate associée au sein de DWMC, explique : « L’octroi de titres-repas par l’employeur constitue un avantage extralégal qui permet d’augmenter la rémunération nette mensuelle des travailleurs. Le relèvement de la valeur faciale maximale se traduit ainsi par une hausse du revenu net et du pouvoir d’achat des salariés, sans alourdir leur charge fiscale ou sociale ». Du côté des employeurs, les chèques-repas seront déductibles à concurrence de 4 euros par chèque, contre 2 euros aujourd’hui. Toutefois, tout le monde ne pourra pas en profiter, comme le précise Yves Stox, managing consultant chez Partena Professional : « Un employeur n’est pas obligé d’accorder ce montant maximal. Le droit du travailleur aux chèques-repas et leur valeur dépendent de la manière dont ils ont été introduits dans l’entreprise : via une convention collective sectorielle, une convention d’entreprise ou une convention individuelle écrite avec le salarié ». Pour aller plus loin, le gouvernement belge a laissé entendre la mise en œuvre d’une seconde augmentation de 2 euros dans les prochaines années.

La réduction des cotisations patronales

Si depuis le 1er avril 2025 les cotisations sociales patronales à l’ONSS ont été réduites pour les bas et moyens salaires, une nouvelle loi introduit un plafond salarial trimestriel au-delà duquel les employeurs ne devront plus payer de cotisations patronales. Pour 2025-2026, ce dernier devrait être fixé à 85 000 euros. « L’objectif est de maintenir la compétitivité du pays en ce compris pour les emplois qualifiés hautement rémunérés et de freiner le recours à des formes de rémunération non soumises à cotisations de sécurité sociale », indique Sarah Ghislain.

Une augmentation du salaire brut ne se traduit pas nécessairement par une hausse équivalente du salaire net

• Yves Stox. Managing consultant chez Partena Professional

L’augmentation du salaire minimum brut

L’augmentation du salaire minimum fait également partie des mesures annoncées. Yves Stox détaille : « Depuis le 1er février 2025, le RMMMG ou revenu minimum mensuel moyen garanti s’élève à 2.111,89 € bruts par mois pour les travailleurs de 18 ans ou plus à temps plein. Ce montant sera augmenté de 35 € bruts le 1er avril 2026, puis à nouveau de 35 € bruts le 31 décembre 2028, sans coût salarial supplémentaire pour les employeurs ». Concernant l’impact de cette hausse, il ajoute : « Une augmentation du salaire brut ne se traduit pas nécessairement par une hausse équivalente du salaire net. C’est pourquoi le gouvernement a également annoncé qu’il veillera à ce que le salaire brut soit égal au salaire net au niveau du salaire minimum, en réduisant la charge fiscale et parafiscale sur les plus bas revenus ».

L’obligation de proposer un budget mobilité

Une attention est portée à l’écologie, avec l’obligation pour les entreprises de proposer un budget mobilité à leurs employés qui ont droit à une voiture de société à partir du 1er janvier 2026. « L’idée est d’accélérer la transition vers une mobilité plus durable, en offrant aux travailleurs des alternatives concrètes à la voiture individuelle », explique Anne-Sophie Snyers, directrice du Centre d’Etudes d’UCM. Elle ajoute : « Inciter à un transfert modal – lorsqu’il est possible – est essentiel. Pour tout employeur, commerçant et entrepreneur, il est crucial de désengorger des villes comme Bruxelles pour en améliorer l’accessibilité ».

Des mesures à venir

Enfin, un certain nombre de mesures sont encore en concertation. Parmi celles-ci, on compte la suppression progressive des éco-chèques et des chèques sport/culture. « L’objectif est double : réduire le nombre de systèmes parallèles de chèques et préserver le pouvoir d’achat des travailleurs », explique Yves Stox. Un nouveau cadre pour les frais professionnels fait également l’objet de discussions.

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