Vivre plus longtemps, et surtout en bonne santé: faire de l’été un tremplin
L’été donne envie de prendre soin de soi : manger plus léger, bouger plus souvent en extérieur et profiter des journées ensoleillées, passer du temps avec ses proches autour de moments festifs… Profitons de l’été pour ancrer de bonnes habitudes sur le long terme – sommeil, alimentation, activité physique – afin de rester en forme le plus longtemps possible.
En Belgique, près de vingt ans séparent l’espérance de vie de l’espérance de vie en bonne santé. Un fossé que l’on peut réduire en ancrant de bonnes habitudes de vie sur le long terme. Avec les journées à rallonge, les fruits et légumes frais et l’envie de bouger en extérieur, l’été peut servir de tremplin pour améliorer son hygiène de vie. À condition d’apprivoiser également les tentations liées à une vie sociale plus intense.
Poser les briques d’une vie plus saine
Si la période des beaux jours se prête à la remise en forme, elle peut aussi être source de tentations. « L’été est une période avec de grandes polarités. On retrouve beaucoup plus d’aliments frais sur nos étals, mais on est également davantage sollicités pour des apéros ou des barbecues », reconnaît Éléonore de Richecour, nutritionniste fonctionnelle et holistique. Son conseil ? « Adapter son hygiène de vie, s’autoriser des plaisirs de manière consciente, plutôt qu’abandonner totalement ses bonnes habitudes ».
Selon Emmanuelle Gérouville, naturopathe fonctionnelle, il n’est pas question de renoncer à toute vie sociale en été, quand on sait à quel point les interactions sociales sont importantes pour la santé. Pour autant, « la consommation d’alcool liée aux sollicitations plus fréquentes l’été peut être problématique, puisqu’elle perturbe le système digestif, ce qui contribue à accélérer le vieillissement. Attention aussi aux cocktails trop sucrés », prévient-elle, avant d’ajouter qu’un verre de vin « équivaut à quatre sucres : visualiser ce repère peut suffire à adapter sa consommation ».
Du côté de l’alimentation, « le plus important est d’éviter la consommation d’aliments trop cuits – à partir de 70°, la vitamine C est détruite, et au-delà de 120°, ils perdent une grande partie de leur aspect nutritionnel. Il faut plutôt miser sur les cuissons douces, à la vapeur, par exemple. Profitons également de l’été pour consommer davantage de légumes et de fruits rouges, dont les antioxydants contrent les effets des radicaux libres », explique Emmanuelle.
« Il n’est jamais trop tard pour instiller des changements et ajouter de la vie aux années »
Une question d’équilibre
Prendre soin de sa santé nécessite d’avoir une bonne qualité de sommeil. « L’horloge biologique a une grande influence sur le vieillissement. Le sommeil profond est la phase pendant laquelle les cellules se régénèrent et l’hormone de croissance stimulée », souligne Emmanuelle. S’exposer à la lumière naturelle dès le matin aide à réguler le cycle circadien et à stimuler la production de dopamine, source d’énergie.
Autre pilier essentiel, souvent mis à mal par notre mode de vie sédentaire : l’activité physique. « L’homme n’est pas fait pour être sédentaire et rester assis huit heures d’affilée, mais pour bouger. Il est indispensable d’intégrer l’activité physique dans sa vie. Nous avons besoin de trois heures d’activité physique minimum par semaine, avec de la marche quotidienne. L’idée n’est pas d’être dans l’intensité, mais dans la régularité », insiste Emmanuelle.
Pour Éléonore, « le contenu de notre assiette reste essentiel, et nous avons chaque jour trois opportunités de prendre soin de notre santé, mais attention aux effets de mode sur les aliments ou poudres estampillés ‘magiques’. Revenons plutôt aux basiques comme les légumes crucifères ou à feuilles vertes, qui aident à détoxifier le corps. Les petits poissons gras, riches en Oméga 3, participent à une bonne santé cardio-vasculaire », précise-t-elle, avant d’ajouter que le plus important « est d’équilibrer les différents piliers que sont l’alimentation, l’activité physique, le sommeil, le stress, les émotions ou encore les hormones ».
Viser le progrès, pas la perfection
Pas besoin de révolution. Plusieurs petits gestes ont une influence directe sur la longévité. C’est ce qu’explique Éléonore : « Marcher au minimum 30 minutes par jour, idéalement le matin pour profiter de la lumière naturelle, réguler le système nerveux, et mieux dormir le soir. Ajouter une portion de légumes dans son assiette, miser sur les protéines pour conserver sa masse musculaire, et adapter ses apports en glucides à son niveau d’activité réel, car nous en consommons souvent plus que nos besoins. Enfin, il est important de trouver une manière, quelle qu’elle soit, de gérer son stress : marche, yoga, respiration, lecture… pour ne pas être en permanence dans l’action. »
Une fois les bonnes habitudes acquises, comment maintenir sa motivation dans la durée ? « Il faut viser le progrès plutôt que la perfection. Une bonne hygiène de vie se construit brique par brique. Les efforts sont moins intenses. Il faut également conserver une dimension ‘plaisir’ dans son alimentation et ne pas être dans la contrainte constante », rappelle Éléonore. « Chaque personne est unique, et les besoins diffèrent en fonction des périodes de la vie. Grâce à sa grande plasticité, le corps se régénère constamment. Il n’est jamais trop tard pour instiller des changements et ajouter de la vie aux années. »
Un message proche de celui d’Emmanuelle : « Tout l’enjeu est désormais de préserver son capital santé le plus longtemps possible. Conscientiser ce qui se passe dans le corps et personnaliser l’approche aide les personnes à reprendre la main sur leur santé. Quand une personne voit son état de santé progresser rapidement, elle fait tout pour garder les bonnes habitudes acquises ». Une approche individualisée et consciente permet à ces personnes d’être pleinement actrices de leur santé. •••