Eté

Plutôt montagne et nature que plage et ville

juin 25, 2026
par Rosalie Van Hoof

De plus en plus de voyageurs recherchent le calme et l’espace. Pour cela, ils regardent aussi plus souvent vers des destinations proches. Nous voyageons de manière plus consciente, et recherchons surtout la rencontre avec l’autre. Une tendance qui va plus loin qu’un phénomène de mode : c’est un véritable changement de mentalité.

Des Dolomites à l’Annapurna en passant par les Rocheuses canadiennes : les destinations de montagne ont le vent en poupe. Rien d’étonnant. La montagne offre, toute l’année, une alternative idéale pour échapper à la foule et à la chaleur. Julie Droussin, organisatrice de voyages durables chez Un Brin de Voyage, nuance toutefois cette tendance. « Parmi mes voyageurs, les destinations les plus populaires restent le Mexique et l’Italie, même si l’intérêt pour la Norvège est en hausse. Ce que je remarque surtout, c’est une recherche d’espace et de nature. Des pays comme la Namibie ou l’Alaska, où l’expérience repose sur les paysages, le silence et la déconnexion, gagnent clairement en popularité. Le Pérou et la Bolivie restent également des classiques. »

« Mes voyageurs n’ont jamais été attirés par l’idée de simplement se détendre », poursuit-elle. « S’ils font appel à moi, c’est pour construire des voyages dynamiques, avec des randonnées, des explorations et des rencontres. » Pourtant, la quête de paysages montagneux a pris une autre dimension : non seulement un défi actif, mais aussi un choix conscient pour le calme et la déconnexion. « Je vois que les gens veulent éviter le tourisme de masse, par exemple en choisissant une destination atypique ou en voyageant hors saison. Certains décident même de se couper volontairement du flux constant d’informations : ils suppriment les applications d’actualités, limitent leur exposition médiatique et préfèrent chercher eux-mêmes, de manière ciblée, les informations qui les intéressent. Le voyage devient alors une sorte de pause bien-être, un reset nécessaire. »

Les réseaux sociaux jouent également un rôle non négligeable. Julie Droussin constate que les publications montrant des panoramas impressionnants, des sentiers isolés ou des moments de connexion avec la nature provoquent énormément de réactions. « Les paysages de montagne sont visuellement très puissants : lumière changeante, sommets enneigés, lacs d’altitude. L’image attire, mais ce qui pousse vraiment les gens à agir, c’est l’expérience, l’effort, l’immersion, la déconnexion. L’esthétique ne suffit pas.»

 

« L’expérience, l’effort, l’immersion, la déconnexion… ce sont eux qui mettent les gens en mouvement. L’esthétique ne suffit pas »

— Julie Droussin • Organisatrice de voyages durables chez Un Brin de Voyage

Voyager local

Cette tendance se ressent aussi en Flandre, souligne Wim Verscuren, adjoint teammanager chez Logeren in Vlaanderen vzw. Il confirme que les voyageurs recherchent de plus en plus l’authenticité et le ralentissement. « Les gens ont beaucoup de choses en tête ; la vie est dense. En vacances, nous voulons surtout lâcher prise et passer du temps avec nos amis et notre famille. Ce besoin de ralentir se voit dans le succès d’hébergements alternatifs et souvent à petite échelle : glamping, tiny houses… La déconnexion ou le slow travel y sont essentiels. » Pour une « rencontre » qualitative, on privilégie plutôt les grandes maisons de vacances ou les hôtels familiaux, même si les séjours actifs (à vélo ou à pied) ont aussi le vent en poupe.

Pour se détendre ou vivre une véritable expérience de vacances, nul besoin de partir dans les montagnes italiennes. La Flandre est de plus en plus perçue comme une destination attrayante. C’est ce que montrent les chiffres récents. Toerisme Vlaanderen a publié des résultats provisoires pour 2025 : le nombre total de visiteurs a augmenté de 3 % pour atteindre 50,4 millions, représentant 36,3 millions de nuitées. Le tourisme intérieur a progressé de 2 %, atteignant 7 millions de visiteurs. Rien d’étonnant, selon Verscuren : « Il y a une attention croissante pour ce que nous appelons le voyage local, une manière de voyager en tenant compte de l’impact sur la nature et les habitants. La conscience écologique est beaucoup plus ancrée aujourd’hui : il est devenu tout à fait normal, par exemple, de ne pas changer les serviettes tous les jours, ou de ne pas nettoyer la chambre quotidiennement. Nos hébergements (Logeren in Vlaanderen représente 1.250 adresses, ndlr) investissent également fortement dans des mesures durables et économes en énergie, allant de grandes rénovations à de petites adaptations. »

Verscuren met aussi en avant le grand atout de la Flandre : « Nous avons une incroyable diversité de paysages, de villes, de patrimoine, de traditions culinaires… tout cela sur une petite superficie, avec encore de nombreux lieux méconnus et sous-estimés. »

Once in a lifetime

Ceux qui choisissent malgré tout l’étranger le font de manière réfléchie, constate Droussin. « Il y a une certaine tension. Beaucoup de gens veulent voyager plus durablement, mais aussi découvrir le monde. Dans ma communauté, je vois que lorsqu’ils envisagent un voyage lointain, ils le préparent très consciemment. C’est souvent une exception : un voyage de noces, ou un once in a lifetime. Ils essaient d’agir le plus cohérent possible : rester plus longtemps sur place pour ‘compenser’ l’impact du vol, et choisir des activités plus respectueuses de l’environnement. Ce ne sont pas des vacances à la plage, mais de véritables voyages d’exploration. »

La tendance va-t-elle durer ? Droussin n’en doute pas. « C’est un changement profond dans les attentes : besoin de sens, de nature, de déconnexion et d’expériences authentiques. » Son conseil pour ceux qui envisagent un voyage apaisant en Flandre en 2026 ? Wim Verscuren recommande les nouveaux parcs naturels et paysagers : « Nous avons quatre Parcs Nationaux reconnus et cinq Parcs Paysagers. Beaucoup de Flamands n’ont pas encore découvert cette diversité naturelle. » Vous préférez franchir les frontières et partir à la montagne ? « Préparez-vous à marcher, à ralentir et à vous immerger totalement dans l’environnement. La montagne, ça se mérite — et c’est précisément ce qui la rend si transformante », conclut Droussin. •••

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